Ce contre-temps ayant indisposé contre lui les Athéniens, il essaya de les consoler et de ranimer leur confiance[114] ; mais il ne réussit pas à les apaiser ; et, n’écoutant que leurs préventions, ils prirent les suffrages, le privèrent du commandement, et le condamnèrent, avec une rigueur extrême, à une forte amende, que les uns font monter au moins à quinze talents, et les autres au plus à cinquante[115]. Sur Elpinice, sœur de Cimon, cf. Périclès - Fabius Maximus. Mais il avait soin d’ailleurs de réfréner les folles prétentions des Athéniens, et ne se prêtait pas aux projets téméraires que le sentiment de leurs forces et leurs succès passés leur faisaient concevoir. Aristide, dit « le Juste » participa comme stratège à la bataille de Marathon (490) et devint archonte en 489 ; il sera ostracisé par le démocrate Thémistocle en 484 ; bientôt rappelé, il participe aux batailles de Salamine et de Platées (479) ; en 477, il organise la confédération maritime avec les Ioniens qui refusent d’obéir au roi de Sparte Pausanias ; il mourut probablement en 467. ), ζευγοτρόφος : qui entretient un attelage : cocher, λινουργός : qui travaille le lin = cordier ou tisserand, διατηρέω-ῶ : conserver avec soin, préserver. C’est alors que Périclès fut atteint de la peste. Le peuple avait nommé celui-ci au nombre des accusateurs ; et Elpinice étant allée chez lui pour le solliciter : « Elpinice, lui » dit-il en souriant, vous êtes bien vieille pour terminer une si grande affaire. Périclès refusa tout ; il traita les Samiens comme il l’avait d’abord résolu ; et, après leur avoir donné un gouvernement populaire, il s’en retourna. Sa tête monstrueuse, en ébranlant les airs. C’est ce travail dont Cratinos censure la lenteur dans ses pièces : Périclès de ses cris semble presser l’ouvrage. Mais laissons le poète Ion, qui veut que dans la vertu, comme dans les tragédies, il y ait toujours une partie destinée à la satire[17]. Les Lacédémoniens étaient entrés en armes dans le pays de Delphes, et avaient ôté aux Phocidiens l’intendance du temple pour la donner aux Delphiens. Plutarque, Vie de Fabius Maximus, §30, 4-7. V. Mais l’ami le plus intime de Périclès, celui qui contribua le plus à lui donner cette élévation, cette fierté de sentiments peu appropriées, il est vrai, à un gouvernement populaire, celui enfin qui lui inspira cette grandeur d’âme qui le distinguait, cette dignité qu’il faisait éclater dans toute sa conduite, ce fut Anaxagore de Clazomène, que ses contemporains appelaient l’Intelligence[15], soit par admiration pour ses connaissances sublimes et sa subtilité à pénétrer les secrets de la nature, soit parce qu’il avait le premier établi pour principe de la formation du monde, non le hasard ou la nécessité, mais une intelligence pure et simple qui avait tiré du chaos les substances homogènes. τόρων), c'est-à-dire d'hommes politiques qui font entendre par leurs discours le point de vue de leur parti. Frappés par tous les objets qui les environnent, nos sens extérieurs sont forcés d’en recevoir les impressions, bonnes ou mauvaises. Il ne s’agit pas de l’historien, mais du fils de Mélésias, et l’un des chefs du parti aristocratique, successeur de Cimon. Périclès, dans sa jeunesse, craignait beaucoup le peuple. Il ne doutait pas que, dans des affaires si importantes, dans des dangers si pressants, le peuple, entraîné par sa puissance et par son mérite, ne se reposât sur lui seul de sa défense. La ville, abondamment pourvue de tous les moyens de défense que la guerre exige, doit employer ces richesses à des ouvrages qui, une fois achevés, lui assureront une gloire immortelle. Périclès, pour remédier à tous ces maux, et nuire en même temps aux ennemis, fit équiper une flotte de cent cinquante vaisseaux, sur lesquels il embarqua un nombre considérable de bonnes troupes de pied et de cavalerie. Le poète Ion[16] dit pourtant que son ton et ses manières respiraient l’arrogance et la fierté ; qu’il mêlait à sa dignité beaucoup de hauteur et de mépris pour les autres. χαρίζομαι : accorder une faveur à quelqu’un, être agréable à qqn. Il faisait vendre tous les ans, et à la fois, les produits de ses terres ; et chaque jour il envoyait acheter au marché ce qu’il fallait pour l’entretien de sa maison. Biographie courte - Périclès (v. 495-429 av. Il exerçait seul cette vaste domination qui, s’étendant et sur la Grèce et sur les Barbares, était encore soutenue par l’obéissance des nations soumises, par l’amitié des rois et l’alliance des princes. J’ai donc voulu que la classe du peuple qui ne fait pas le service militaire, et qui vit de son travail, eût aussi part à cette distribution de deniers publics ; mais afin qu’elle ne devînt pas le prix de la paresse ou de l’oisiveté, j’ai appliqué ces citoyens à la construction de grands édifices, où les arts de toute espèce trouveront à s’occuper longtemps. Parmi les témoignages, celui (sujet à caution !) Faible et peu active, sujette, dans sa longue durée, à de fréquentes variations, elle mina lentement son corps, et affaiblit insensiblement son esprit. Cf. De tous les actes de son administration, c’était là ce que ses envieux ne cessaient de lui reprocher ; c’était le texte ordinaire de leurs déclamations dans les assemblées des citoyens. Et ce ne fut pas une autorité passagère, un crédit de quelques instants, une faveur populaire qui n’eût eu que l’éclat et la durée d’une fleur : elle se soutint durant quarante ans au milieu des Éphialtès, des Léocrates, des Myronides, des Cimon, des Tolmidas et des Thucydide. Souvent, avec un bruit pareil à la tempête. Ce fut alors pour la première fois que Périclès proposa un décret pour faire célébrer des jeux de musique à la fête des Panathénées, et, il mit la plus grande ardeur à le faire passer. Ces deux personnages se ressemblent par toutes les vertus qu’ils possédèrent, mais principalement par leur douceur, leur justice, leur patience à supporter les folies de leurs concitoyens et de leurs collègues. Nommé général, il s’occupa tout de suite de faire révoquer la loi qu’il avait autrefois fait passer lui-même contre les enfants naturels : comme il n’avait plus alors de successeur légitime de son nom, il ne voulait pas que sa famille et sa maison s’éteignent avec lui. Callicratès fit l’entreprise de la longue muraille dont Socrate disait avoir entendu proposer la construction à Périclès[45]. Aspasie (vers 469 - vers 400 av. La seule activité digne d’un homme bien né, c’est la politique. La prime offerte est donc de 10 millions d’euros…. Tous ces édifices furent dirigés par Phidias, qui avait seul l’intendance de tous les travaux. XII. Les Lacédémoniens et leurs alliés étant donc entrés dans l’Attique avec une armée nombreuse[105] sous les ordres du roi Archidamos, et ayant ravagé tout le pays, s’avancèrent jusqu’au bourg d’Acharnes[106], et y assirent leur camp, persuadés que les Athéniens, ne voulant pas les y souffrir, viendraient les attaquer pour défendre leur territoire et soutenir leur ancienne réputation. Quelqu’un disait à Antisthène qu’Isménias était un excellent joueur de flûte[3]. C’est une métèque, originaire de la cité de Milet : elle ne peut donc pas épouser Périclès mais vit avec lui en concubinage. Une stratégie dangereuse : Périclès entasse dans les Longs-Murs les paysans de l’Attique, et laisse les Spartiates et leurs alliés ravager les champs et couper les oliviers. Ainsi peut s’expliquer l’opposition – traditionnelle ! On lui a donné ce nom parce que le premier vaisseau de cette forme fut construit à Samos par ordre du tyran Polycrate. Damon, un sophiste qui ne dit pas son nom ; or, à l’époque de Plutarque, les sophistes étaient plutôt mal vus, alors qu’au temps de Périclès, ils étaient de véritables stars. Mais ce serait là peut-être le sujet d’un traité particulier. προσποιέω-ῶ : attirer à soi, se concilier, gagner, τὸ γύναιον : petite femme, faible femme (nuance de mépris), ὁμιλέω-ῶ : fréquenter, se livrer d’ordinaire à une occupation, ἡ πόρνη, ης : femme de mauvaise vie, prostituée (du verbe πέρνημι, « vendre », parce qu’à l’origine les prostituées étaient des esclaves). Une phratrie est une association de citoyens, liés par la communauté du culte et des repas religieux. Par là tous les âges et toutes les conditions sont appelés à partager l’abondance que ces travaux répandent de toute part. Il fut construit, dit-on, sur le modèle du pavillon de Xerxès, et Périclès en donna lui-même le dessin. Vous n'avez pas encore de Kindle ? Ceux qui sont morts pour la défense de leur patrie n’ont-ils pas les mêmes avantages ? il appliqua aussitôt également, aux affaires concernant son mode de vie, une autre disposition. Métèques, mais aussi femmes et enfants en sont naturellement exclus. Le peuple lui témoigna du regret de son ingratitude, et Périclès reprit le timon des affaires. Non seulement il y transporta une colonie de mille Athéniens qui firent la force de leurs villes, mais encore il ferma l’isthme[59] par une muraille tirée d’une mer à l’autre, avec des forts de distance en distance. Cette faveur lui attira beaucoup d’ennemis et d’envieux, qui, pour essayer sur lui quel jugement le peuple porterait de Périclès, engagèrent un des ouvriers de cet artiste, nommé Ménon, à se rendre, comme suppliant, sur la place publique, et à demander sûreté pour le dénoncer et l’accuser. Comment Plutarque a-t-il réagi au portrait de Périclès brossé par Thucydide ? Plutarque, originaire de Grèce et citoyen romain, … Arrivé à Athènes, il fit des obsèques magnifiques aux citoyens morts dans le cours de cette guerre ; et, suivant l’usage qui se pratique encore aujourd’hui, il prononça lui-même sur leur tombeau leur oraison funèbre, qui fut généralement admirée. Le thème a été repris par Valéry dans son Cimetière marin : « Zénon! Cruel Zénon! Mais tel est l’ascendant de la vertu qu’en même temps que nous admirons les actions qu’elle inspire, nous sentons s’allumer en nous un désir ardent de ressembler à ceux qui les ont faites. On lui doit, dans la CUF, l'édition d'une grande partie des œuvres complètes de Plutarque. Tolmidas, fils de Tolméus, enflé de ses succès[57] et de la gloire qu’ils lui avaient acquise, voulait hors de propos entrer en armes dans la Béotie. Ce fut là ce qui détermina Périclès à lâcher encore davantage la bride au peuple, et à chercher dans son administration tous les moyens de lui plaire. Noter les étapes de la « marche à la guerre » : des griefs recuits, une occasion minime (l’aide apportée à Corcyre), le jeu des alliances, et l’obstination des protagonistes… On est dans un enchaînement qui évoque déjà le déclenchement de la « Grande Guerre » de 1914-1918. Périclès fit publier un décret qui permettait à six cents Athéniens d’aller, s’ils le voulaient, s’établir dans cette ville, et de partager entre eux les maisons et les terres que les tyrans y avaient possédées. » Philippe entendit un jour son fils chanter dans un repas avec beaucoup de grâce et selon toutes les règles de l’art : « N’as-tu pas honte, lui dit-il, de chanter si bien ? Ce qu’il y a de vrai, c’est qu’Éphialtès, qui s’était rendu redoutable aux partisans de l’oligarchie par son inflexibilité à poursuivre ceux qui commettaient la moindre injustice contre le peuple, fut, à ce que dit Aristote, assassiné par Aristodicus de Tanagre, que ses ennemis avaient suborné. L’ostracisme : institution créée par Clisthène. Cela dit, au fur et à mesure que le projet des Vies avancera, les héros seront de moins en moins exemplaires (voir les aventuriers Démétrios, Alcibiade, Alexandre, Antoine…), et l’intérêt de Plutarque pour la « psychologie » des personnages l’emportera sur l’aspect moral, pour le plus grand plaisir des lecteurs. Les Lacédémoniens commençaient à voir d’un oeil jaloux la puissance des Athéniens faire chaque jour de nouveaux progrès. Il raconte que Périclès fit conduire les capitaines des vaisseaux et les soldats samiens sur la place publique de Milet ; que là ils furent attachés à des poteaux, où ils restèrent exposés pendant dix jours ; qu’enfin, comme ils étaient sur le point d’expirer, on les assomma à coups de bâton, et on leur refusa même la sépulture. Il affirmait ainsi que la flèche ne peut jamais atteindre sa cible, puisque chaque distance qu’elle parcourt peut être divisible à l’infini. C’est celui qui, dans la suite, après avoir remporté sur les Péloponnésiens une victoire navale près des îles Arginuses, fut condamné à mort par le peuple, avec les autres généraux ses collègues[121]. Comme s’il eût produit tous les êtres divers. Thucydide nous a donné une idée juste de sa puissance ; mais les poètes comiques ont chargé malicieusement le tableau : en appelant ses amis nouveaux Pisistratides[53], ils demandent qu’on lui fasse jurer qu’il n’aspire pas à la tyrannie, pour faire entendre que son excessive autorité était incompatible avec un gouvernement populaire. Voir cours sur les institutions. Voir la, ἐχέγγυος, ος, ον : qui offre une garantie, garant, répondant. Comme il était d’ailleurs fort riche et d’une grande naissance, qu’il avait beaucoup d’amis puissants, il craignait le ban de l’ostracisme[20], et ne prenait aucune part aux affaires publiques ; seulement à l’armée il montrait un grand courage et affrontait tous les dangers. Être pris, être condamné, πολυπραγμονέω-ῶ : s’occuper de, s’informer indiscrètement. Celui-ci organisa la démocratie athénienne en 508-507 ; Agaristè n’était pas sa petite-fille, mais sa nièce. Le peuple la lui alloua sans aucune information, et ne voulut pas en connaître le motif secret. On dit qu’à l’exemple d’une courtisane d’entre les anciennes Ioniennes[71], nommée Thargélia, elle ne s’attacha qu’aux premiers de la ville. Sa main, levée pour lancer un javelot, lui couvre en partie le visage ; elle est placée avec tant d’art qu’elle semble cacher la ressemblance de sa figure, qui cependant est très sensible des deux côtés. A peine il fut parti, que les Samiens, dont Pissouthnès avait enlevé furtivement les otages, se révoltèrent, et firent tous leurs préparatifs de guerre. Mais les Mégariens repoussaient fortement l’inculpation de la mort du héraut, et rejetaient les causes de la guerre sur Aspasie et sur Périclès ; ils alléguaient en preuve ces vers si piquants et si connus des Acarnanéens d’Aristophane[95] : De jeunes étourdis, que leur ivresse égare. Il ne hasardait jamais une bataille dont le succès lui semblait incertain, et qui offrait un danger apparent. Trois trittyes (une prise dans chaque catégorie) forment une tribu (φυλή) ; la tribu n’a donc pas d’existence territoriale, mais seulement morale ; elle est le cadre de l’administration athénienne : elle fournit les 50 bouleutes d’une prytanie et sert de base au recrutement de l’armée. Il ne parut plus dans les rues que pour aller à la place publique ou au conseil. D’abord une peste cruelle vint affliger la ville, et, en moissonnant la fleur de la jeunesse, elle affaiblit sensiblement les forces des citoyens[110]. Qui marchât sur les pas d’une mère lubrique. XXXIV. Ces objets se présentent, dans les actions vertueuses, dont le simple récit produit en nous une vive émulation, un désir ardent de les imiter ; effets que nous ne ressentons point pour d’autres objets qui méritent d’ailleurs notre admiration. D’autres prétendent que ce fut par fierté et pour faire montre de sa puissance que Périclès méprisa les instances des Lacédémoniens. Our Stores Are Open Book Annex Membership Educators Gift Cards Stores & Events Help. Socrate lui-même allait la voir quelquefois avec ses amis ; et ceux qui la fréquentaient le plus y menaient souvent leurs femmes pour l’entendre, quoiqu’elle fît un métier peu honnête, et qu’elle eût dans sa maison plusieurs courtisanes. Quelques auteurs disent que Périclès ne proposa le décret pour rappeler Cimon qu’après avoir fait avec lui, par l’entremise d’Elpinice, soeur de ce dernier, un traité secret dont les conditions étaient que Cimon irait, avec deux cents vaisseaux, faire la guerre hors de la Grèce et ravager les états du roi de Perse, et que Périclès aurait toute l’autorité dans Athènes. Pour Damon, il paraît que ce fut un sophiste très instruit, qui, sous les dehors d’un musicien, voulait cacher au public sa grande capacité. » En effet, la promptitude et la facilité dans l’exécution ne donnent ni beauté parfaite ni solidité durable. Il ne laissa plus les nobles se mêler et se confondre comme auparavant avec le peuple, et obscurcir leur dignité dans la foule ; mais les séparant de la multitude, et concentrant comme en un seul point toute leur puissance pour en augmenter la force, il mit un contre-poids dans la balance politique. Sur Anaxagore :voir plus haut, § 4, et cours sur Anaxagore. On disait que Phidias recevait chez lui les premières femmes d’Athènes, sous prétexte de leur montrer ses ouvrages, et qu’il les livrait à Périclès. C’est avec lui que commence la grandeur d’Athènes. Comme la maison de Cimon avait de grandes liaisons avec les Lacédémoniens, il n’envoyait son fils avec ces dix vaisseaux, et même malgré lui, qu’afin que, s’il ne faisait rien d’utile ou de brillant dans cette expédition, il fût encore plus soupçonné de favoriser les Lacédémoniens. I. César, voyant un jour, à Rome, de riches étrangers qui portaient entre leurs bras de petits chiens et de petits singes auxquels ils prodiguaient les caresses, leur demanda si chez eux les femmes ne font point d’enfants. Comme il avait déplu au peuple dans l’affaire de Phidias, et qu’il redoutait l’issue du jugement, il souffla le feu de la guerre, qu’il trouvait trop tardive à s’enflammer, et qui n’était encore que fumante. Périclès, après avoir réduit Samos, se rembarqua. Il tendit les ressorts du gouvernement, semblable auparavant, par sa faiblesse, à un instrument dont les cordes, trop relâchées, ne rendent que des sons faibles et mous ; il y substitua un gouvernement aristocratique qui approchait de la monarchie. Depuis ce décret, le roi d’Egypte ayant fait présent au peuple d’Athènes de quarante mille médimnes de blé[120], il fallut les distribuer aux citoyens ; mais, en vertu de cette loi, on cita en justice un grand nombre de bâtards qu’on avait oubliés et qui n’étaient pas même connus. Noter le caractère nettement péjoratif de cette présentation des « maîtres » de Périclès : Aucun de ces trois-là ne peut trouver grâce aux yeux de Plutarque, disciple de Platon. IX. On dit que dans sa vieillesse, se voyant négligé par Périclès, que ses grandes affaires empêchaient de penser à lui, il se coucha, et se couvrit la tête de son manteau[54], résolu de se laisser mourir de faim. ». Περικλῆς δ´ οὐκ ἂν  ἴσως εἴποι τις ὅσα καὶ παρὰ συμμάχων καὶ βασιλέων  ὠφελεῖσθαι καὶ θεραπεύεσθαι παρόν, τῆς δυνάμεως διδούσης, ἀδωρότατον ἑαυτὸν καὶ καθαρώτατον ἐφύλαξεν. Ion écrit que la défaite des Samiens enfla tellement le coeur de Périclès, qu’il disait avec complaisance qu’Agamemnon avait mis dix ans entiers à prendre une ville barbare, et que lui il avait conquis en neuf mois la ville la plus riche et la plus puissante de toute l’ionie. Cette tête a été attestée au Louvre en 1815 sous l’appellation de Vesta. τὰ μετάρσια : les phénomènes célestes. Xanthippe, son père, qui vainquit à Mycale les généraux du roi de Perse, épousa Agariste, mère de Clisthène, celui qui chassa les Pisistratides[6], qui détruisit avec tant de courage la tyrannie, donna des lois aux Athéniens, et établit une forme de gouvernement propre à maintenir parmi les citoyens l’union et la sécurité. Nous empruntons cette analyse à Françoise Frazier, Histoire et morale dans les Vies parallèles de Plutarque (voir bibliographie) ; narration et commentaire alternent, comme le montre le schéma ci-dessous : Opérations militaires : renversement du gouvernement oligarchique, rétablissement de celui-ci et retour de Périclès, Départ de Périclès ; sortie victorieuse des Samiens ; les prisonniers sont marqués d’une samienne, Retour de Périclès : organisation du siège et occupation des hommes, et emploi des machines de guerre d’Artémon le Périphorète, Jugement final : avis d’Ion de Chios et de Thucydide. A Némée, il défit en bataille rangée les Sicyoniens, qui osèrent se mesurer avec lui, et dressa un trophée pour cette victoire. Périclès, moins riche que lui, et ne pouvant l’égaler dans ces moyens de se concilier les bonnes grâces du peuple, eut recours à des largesses qu’il prenait sur les revenus publics. Les Lacédémoniens, persuadés qu’en abattant la puissance de Périclès, ils rendraient les Athéniens plus souples et plus faciles, leur ordonnèrent de bannir de leur ville les restes du crime cylonien, dont la race de Périclès était, suivant Thucycide, entachée du côté de sa mère[104]. On ne saurait dire combien Périclès aurait pu être aidé et subventionné de la part des alliés et des rois, sa puissance lui en donnant la possibilité, mais il se conserva tout à fait incorruptible et pur. Le temps associé au travail pour la production d’un ouvrage lui imprime un caractère de stabilité qui le conserve des siècles entiers. Au reste, il avait acquis cette grande autorité non seulement par son éloquence, mais encore, selon Thucydide[52], par l’opinion que sa bonne conduite donnait de lui, par la confiance qu’inspiraient son désintéressement et son mépris pour les richesses. de relation). Sur les calomnies de Stesimbrote (qui viendraient en fait de Xanthippe, le propre fils aîné de Périclès), voir aussi § 36. καταβοάω-ῶ : accabler d’injures ou de reproches, ἀνακράζω (ἀνέκραγον) : pousser un cri, se récrier, ὁμαλός, ή, όν : en état d’union ou de concorde, κομιδῇ : complètement, parfaitement (cf. Il apprit en arrivant que les Mégariens avaient déclaré la erre à Athènes, et que les Lacédémoniens, commandés par leur roi Plistonax, étaient sur les frontières de l’Attique. La peste d’Athènes : cf. Au reste, on peut l’en croire : il connaît l’univers. Voilà ce que l’histoire nous a transmis de la vie de ces deux hommes célèbres. παραιτέομαι-οῦμαι : demander, repousser qqch. ὕπουλος : trompeur, caché (cicatrisé en surface, mais continuant de suppurer en dessous). Le jeune homme, irrité contre son père, se permit de le décrier. « Oui, répondit le peuple, et beaucoup trop. Cette oeuvre pourrait être la réplique de l’Aphrodite Sôsandra (celle qui sauve les hommes), une œuvre en bronze de Calamis dédiée vers 460 avant Jésus-Christ sur l’Acropole d’Athènes et mentionnée par Pausanias au IIème siècle après Jésus-Christ (1,23,2). La bataille de Coronée, en Béotie, eut lieu en 447 ; elle vit périr entre autres Cleinias, le père d’Alcibiade. Des ateliers en tout genre mis en activité, l’emploi et la fabrication d’une immense quantité de matières alimentant l’industrie et les arts, un mouvement général utilisant tous les bras : telles sont les ressources incalculables que ces constructions procurent déjà aux citoyens, qui presque tous reçoivent, de cette sorte, des salaires du trésor public ; et c’est ainsi que la ville tire d’elle-même sa subsistance et son embellissement. ὀργας, άδος : portion de territoire fertile consacrée à Déméter et Perséphone, entre Athènes et Mégare, στιχίδιον : diminutif de στίχος, ου, le vers, μεθυσοκότταβος : qui s’enivre au jeu du cottabe. Pendant l’exil de Cimon, les Lacédémoniens entrèrent avec une grande armée sur le territoire de Tanagre[32]. Mais l’homme peut faire de son entendement l’usage qu’il veut : il est libre de le tourner, de le porter sans cesse vers ce qu’il juge lui être convenable. Le statut de l’artiste à Athènes et à Rome ! Cf. Xénoclès, du bourg de Cholargue, termina le dôme et la coupole qui est au-dessus du sanctuaire. Au contraire, il loue fort la politesse, la douceur et l’honnêteté de Cimon dans le commerce de la vie. Aspasie est la seconde compagne de Périclès. Ils lui suscitèrent un rival dans la personne de Thucydide, du bourg d’Alopèce, beau-frère de Cimon[37], homme sage, moins propre à la guerre que ce dernier, mais meilleur politique que lui, plus fait pour gouverner les assemblées populaires ; qui d’ailleurs, faisant son séjour à la ville, et se mesurant toujours à la tribune avec Périclès, eut bientôt remis l’équilibre dans le gouvernement. ὑποπιμπλάμενος : presque tout rempli, ou couvert. L’Eubée et les îles : allusion à la dépendance croissante des îles de la mer Égée à l’égard d’Athènes dans la Confédération, et à l’expédition de l’Eubée. Platon, dans son Menexène, quoique le commencement de ce dialogue soit écrit sur un ton de plaisanterie[74], avance comme un fait positif que plusieurs Athéniens allaient chez elle pour y prendre des leçons de rhétorique. διπλόη : paille dans le fer (défaut de structure qui fait que le fer, au lieu de former un morceau unique, est comme séparé en deux). II. PLUTARQUE Parallèle de Périclès et de Fabius Traduction D. Ricard, 1830 (La numérotation a été modernisée) XXVIII [I]. Le même mot sert à désigner l’artisan et l’artiste, ce qui en dit long sur le statut de l’artiste dans l’Antiquité (même si certains furent illustres). Non content des troupes qu’il avait, il persuada les jeunes gens les plus braves et les plus avides de gloire, au nombre de plus de mille[58], de le suivre en qualité de volontaires. » Mais c’est dans les écoles des philosophes qu’on doit traiter ces matières. XIX. Vie de Périclès est un chapitre issu des Vies parallèles de Plutarque, dans lequel il met en miroir un personnage grec avec un personnage romain. Mais on ne put prouver le larcin dont on accusait Phidias. ἐλεγκτικός, ή, όν : propre à convaincre, ou à réfuter, κατακλείων, ουσα, ειον : qui termine, qui conclut, ἀλαπαδνός, ός, όν : facile à détruire, faible. Périclès mérite donc toute notre admiration, non seulement par la douceur et la modération qu’il conserva toujours dans une multitude d’affaires si importantes et au milieu de tant d’inimitiés, mais plus encore par cette élévation de sentiments qui lui faisait regarder comme la plus belle de ses actions de n’avoir jamais, avec une puissance si absolue, rien donné à l’envie ni au ressentiment, et de n’avoir été pour personne un implacable ennemi. La politique extérieure de Périclès. ἄν… = ἔαν… ἔαν + subjonctif : expression de l’éventuel. d’Aristophane, Paix, v. 605 et suiv. Philo-lettres de Michèle Tillard est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transcrit. Cf. de Thucydide à Plutarque, de Voltaire à Rousseau, de Grote à Duruy, les auteurs anciens et modernes se sont interrogés sur les relations nouées entre le … Il fit sortir aussi les Histiéens de leur ville, et les remplaça par des Athéniens.